Construire sans se priver
Gérer son argent — étape 5 — page 2/3 · Choisir consciemment
Choisir tes plaisirs
Les économies que tu as faites sur tes dépenses essentielles t'ont donné envie de faire la même chose pour tes plaisirs. En reprenant tes relevés, tu tiques.
D'abord, ce petit truc que tu prends sans y penser tous les jours, café, snack, viennoiserie. À 3 € par jour, ça fait plus de 1 000 € sur l'année.
Ensuite, cette gourde en inox à 45 € que tu as achetée l'été dernier après l'avoir vue partout sur les réseaux. Trois collègues l'avaient déjà. Tu ne la sors jamais du placard.
Enfin, un abonnement de plus, 3 € par mois, actif depuis 2 ans, dont tu ne te souviens même pas avoir signé. 72 € qui partent en pilote automatique.
Trois dépenses, trois pièges différents. Une habitude qui tourne sans qu'on la remarque. Un truc qu'on achète parce que tout le monde en parle, avant même que l'envie soit à nous. Un abonnement qu'on ne résilie pas parce que ça prend cinq minutes qu'on ne prend jamais. Souvent, ils se cumulent : un petit achat quotidien coche les trois.
Maintenant que tu les vois, tu peux commencer à choisir.
Sortir du pilote automatique
L'inattention, c'est ce qui te fait poser tes clés sur une table sans y penser, puis les chercher juste avant de sortir. Une feuille posée, une autre, une autre, et c'est le désordre.
C'est ce qui se passe avec ton argent : tu le dépenses sans y penser, tu oublies où il est parti. Remettre de l'ordre, c'est choisir, plutôt que subir.
Ralentir la dépense
Tu tombes sur cette veste que tu as vue passer plusieurs fois sur ton feed. 80 €. Peut-être que c'est la veste de tes rêves, jusqu'à la prochaine ? Ah, tu t'imagines déjà avec, comment tu l'assortirais. Il suffit d'un clic, et elle est tienne.
Une seconde. Comment un objet peut créer cette envie AVANT même que tu l'aies eu ?
L'achat lui-même crée déjà une satisfaction. On imagine le compliment, on se voit dans la nouvelle vie. Pour être un joggeur, on achète les chaussures, la tenue, la montre, avant même de savoir si on aime courir. L'objet précède l'usage. Le seul muscle qui a bougé, c'est le doigt.
Tu fermes l'onglet. Tu te donnes 30 jours. Si l'objet est lié à une pratique, tu commences avec ce que tu as pendant ce mois : le jogging-pyjama qui traîne au fond du placard, l'app gratuite pour apprendre une langue. Si c'était juste un coup de cœur, tu attends. Trente jours plus tard, si tu y repenses encore, c'est peut-être vraiment ton envie, peut-être un vrai besoin. Sinon, elle s'est triée elle-même.
Trente jours, parfois c'est trop long, surtout pour commencer. Alors tu commences par une semaine. Puis pourquoi pas une autre ? Et encore une autre. Et très vite, tu es à tes 30 jours.
Qu'est-ce que tu cherches vraiment ?
Ton budget n'est pas rempli. Retour au chapitre Tes entrées et sorties pour saisir tes chiffres →
Tu regardes tes trois lignes plaisirs les plus lourdes. Derrière ces dépenses, il y a toujours plus qu'une simple transaction. Le resto, c'est un moment où tu retrouves tes potes, vous parlez de tout et de rien, et surtout vous mangez bien. Mais une fois, vous vous êtes tous retrouvés pour cuisiner chez l'un d'entre vous, ça t'a encore plus marqué, et si tu dois être honnête avec toi-même, pour bien moins cher.
Ton fast-food, c'est autre chose : manger vite quand rien n'est prêt. La promesse implicite, c'était aussi « pas cher ». Ça, ça s'est effrité.
Le dimanche soir, un batch cook pour les dîners de la semaine. Même temps qu'un aller-retour au drive, moitié prix.
Pour le shopping, tu penses à ce pantalon déniché en seconde main l'année dernière, à moitié prix. Tu avais reçu des compliments dessus, et tout le monde était étonné de découvrir que c'était de la seconde main. À travers tes souvenirs, tu réalises qu'il y avait plusieurs chemins pour obtenir ce que tu recherchais.